Hors-forfait après un ferry ou un vol : la coupure à 50 € vous protège-t-elle ?
La coupure européenne ne vise que l’internet mobile, à 50 € hors taxes par mois. Les appels et les SMS passés depuis un navire ou un avion restent facturés sans plafond, jusqu’à 7,92 € la minute selon l’opérateur.
La rédaction d’ExpliquePublié le 27 octobre 202614 min de lectureRelu par la rédaction
En bref
En partie seulement. Sur un ferry, un bateau de croisière ou un avion, le téléphone peut s’accrocher au réseau du bord, relayé par satellite, où l’itinérance au prix du forfait ne s’applique plus. Le règlement (UE) 2022/612 impose alors une coupure par défaut de l’internet mobile à 50 € hors taxes par mois, soit 60 € TTC, sauf si vous acceptez de continuer. Les appels et les SMS n’ont aucun plafond : de 2,90 € à 7,92 € la minute émise selon l’opérateur en 2026, et l’appel reçu se paie aussi. Le geste qui protège de tout est le mode avion, wifi rallumé.
Sommaire
En partie seulement. La coupure à 50 € prévue par le droit européen ne vise que l’internet mobile : elle stoppe les données quand la facture atteint 50 € hors taxes sur le mois, soit 60 € TTC, sauf si vous acceptez de continuer. Les appels et les SMS passés ou reçus sur le réseau d’un navire ou d’un avion n’ont aucun plafond. Chez les opérateurs consultés, la minute émise coûte de 2,90 € à 7,92 € en 2026, et la minute reçue se paie aussi.
Une traversée de nuit, un téléphone resté allumé dans la cabine, puis une ligne « réseau satellitaire » à trois chiffres sur la facture. L’abonné se croyait protégé deux fois : par son forfait « Europe inclus » et par la limite de 50 €.
Aucune des deux ne couvre ce qui a coûté le plus cher. La première s’arrête dès que le téléphone quitte le réseau terrestre. La seconde ne s’occupe que des mégaoctets.
Le réseau du bord n’est pas un pays : l’itinérance au prix du forfait s’arrête#
Un navire ou un avion peut embarquer sa propre antenne mobile, une petite cellule mobile reliée au reste du monde par satellite. Le BEREC, l’organe qui réunit les régulateurs européens, la décrit ainsi dans ses lignes directrices de juin 2026. Le texte européen parle de « réseaux publics non terrestres » : services MCV à bord des navires, services MCA à bord des aéronefs.
Votre téléphone voit cette antenne comme un réseau étranger de plus. En sélection automatique, si le signal terrestre faiblit, il s’y inscrit, comme il s’accroche au pays voisin près d’une frontière. Ce choix appartient au téléphone, pas à l’antenne, un point détaillé dans le fonctionnement du réseau mobile.
Le BEREC est net sur la conséquence : les plafonds de prix du règlement, au détail comme en gros, ne s’appliquent pas aux services fournis par ces réseaux. Le règlement lui-même constate que les frais supportés à bord sont « sensiblement plus élevés que les tarifs des services d’itinérance réglementés ».
D’où la confusion la plus répandue. Un ferry entre deux ports de l’Union ne quitte jamais l’Union, mais le réseau du bord n’est pas un réseau européen au sens du règlement. Au port, vous êtes au prix du forfait ; au large, sur l’antenne du navire, au tarif libre de votre opérateur. Le calcul de l’enveloppe de données utilisable en Europe ne vous sert plus à rien.
À quelle distance de la côte le réseau du navire s’allume, et à quelle altitude en avion#
On croit souvent que le réseau du bord ne s’active qu’en haute mer. La décision d’exécution (UE) 2017/191 de la Commission, qui encadre les systèmes MCV dans les eaux territoriales, dit autre chose.
Situation
Règle européenne
Distance ou altitude
Navire, réseau GSM (2G) ou UMTS (3G)
Pas d’utilisation à moins de 2 milles marins de la ligne de base
Environ 3,7 km
Navire, réseau LTE (4G)
Pas d’utilisation à moins de 4 milles marins
Environ 7,4 km
Navire, entre ces distances et 12 milles marins
Antennes intérieures seulement
Jusqu’à environ 22 km
Navire, au-delà de 12 milles marins
Eaux internationales, hors de ces conditions
Au-delà de 22 km environ
Avion
Altitude minimale de transmission d’un système MCA (décision 2016/2317)
3 000 mètres
À 3,7 km du rivage, la côte est encore bien visible et le réseau terrestre peut encore porter : selon l’endroit où vous vous trouvez, le téléphone passe de l’un à l’autre. Entre 2 et 12 milles, l’antenne du bord n’émet qu’à l’intérieur du navire, si bien que la cabine est l’endroit où elle domine.
Ce que coupe vraiment la limite de 50 € : les données, et rien d’autre#
Deux réponses circulent. La première, celle qu’on lit sur la page de la Commission européenne destinée au public, dit que les opérateurs doivent « interrompre automatiquement les services mobiles » à 50 € ou à une autre limite prédéfinie. La seconde, celle de Selectra, affirme que la coupure ne vaut que pour l’internet, et que les appels, les SMS et la consultation de la messagerie vocale restent facturés au prix fort.
Le texte du règlement (UE) 2022/612 donne raison à la seconde. La limite financière figure à l’article 14, intitulé « Transparence et mécanismes de sauvegarde en matière de services de données en itinérance de détail ». Son paragraphe 4 impose une fonction qui garantit que, « sans le consentement explicite du client », les dépenses cumulées pour les données « n’excèdent pas un plafond financier déterminé ». Le plafond par défaut est « inférieur ou égal à 50 EUR de dépenses en cours par mois de facturation, hors TVA ». Le paragraphe 8 étend ce mécanisme aux connexions à des réseaux non terrestres.
Pour les appels et les SMS, l’article 13 ne prévoit rien de tel. Il impose un message automatique et gratuit donnant les prix, TVA comprise, dès la connexion à un réseau non terrestre. Son paragraphe 6 demande à l’opérateur de prendre « toutes les mesures raisonnables » pour vous éviter des frais dus à une connexion involontaire, « par exemple » en vous permettant d’y renoncer. Aucune somme n’y est fixée.
Service à bord
Ce que le règlement impose
Plafond
Internet mobile
Article 14 : information sur les prix, alerte à 80 % du plafond, arrêt au plafond sauf accord explicite, renonciation possible si l’opérateur la propose
50 € hors TVA par mois de facturation par défaut, soit 60 € TTC
Appels émis et reçus
Article 13 : message gratuit avec les prix, mesures raisonnables contre la connexion involontaire
Aucun
SMS envoyés
Article 13 : mêmes obligations que les appels
Aucun
MMS facturés à l’unité
Exclus du calcul du plafond des données
Aucun
La page de la Commission résume en une phrase un mécanisme qui coupe la partie la plus dangereuse de la facture. Mais en déduire que le téléphone est bridé à 50 € pour tout est une erreur, et c’est l’appel passé « parce que c’est plafonné » qui fait la facture.
Deux autres limites s’ajoutent. Le plafond se compte par mois de facturation et additionne les consommations de toutes les zones payantes : un voyage hors d’Europe le même mois a pu en consommer une partie. Et le BEREC précise, au point 158 de ses lignes directrices, que la coupure s’applique sur un réseau non terrestre « si » ce réseau permet le suivi de la consommation en temps réel. Sans ce suivi, le garde-fou ne fonctionne pas comme prévu.
Les tarifs 2026 des opérateurs sur les réseaux maritimes et aériens#
Chaque opérateur range ces réseaux dans une zone à part, avec un nom différent. Les chiffres ci-dessous sont relevés dans les brochures tarifaires grand public en vigueur à la date indiquée, prix TTC. Les tarifs d’Orange pour ses forfaits grand public n’ont pas pu être consultés et ne figurent pas dans le tableau.
Opérateur (brochure)
Nom de la zone
Appel émis
Appel reçu
SMS envoyé
Internet
Free Mobile (31 mars 2026)
Réseaux Maritimes
3,00 €/min
2,00 €/min
0,38 €
9,70 €/Mo
Bouygues Telecom (22 juin 2026)
Réseaux satellitaires et maritimes
2,90 €/min
1,40 €/min
0,30 €
14 €/Mo
B&You (22 juin 2026)
Réseaux satellitaires et maritimes
3,90 €/min
1,95 €/min
0,30 €
14 €/Mo
SFR (1er octobre 2026)
Satellites
7,92 €/min
3,96 €/min
0,66 €
15,84 €/Mo
RED by SFR (6 octobre 2026)
Zone Satellites
7,92 €/min
3,96 €/min
0,66 €
15,84 €/Mo
Sosh (28 avril 2026)
Réseaux maritimes et aériens
3,59 €/min
2,19 €/min
0,49 €
Pas de tarif propre à ces réseaux
L’écart va du simple au presque triple sur l’appel émis, et SFR et RED, au même tarif, sont les plus chers sur tous les postes. Sosh est le seul à nommer les réseaux aériens ; Bouygues Telecom parle de réseaux « satellitaires », SFR et RED de « Satellites », Free des seuls réseaux maritimes. Enfin, B&You, dans la même brochure que Bouygues Telecom, facture la minute émise 1 € de plus.
Le décompte compte autant que le prix. Sosh facture à la seconde après une première minute indivisible, SFR les appels à la minute et l’internet par tranches de 10 Ko. Bouygues Telecom compte par Ko, avec « 1 024 Ko = 1 Mo », la convention binaire expliquée dans l’écart entre gigaoctets annoncés et affichés.
Les garde-fous propres à chaque opérateur ne disent pas tous la même chose#
Au-delà du minimum européen, le mot « seuil » n’a pas le même sens d’une brochure à l’autre.
SFR et RED by SFR. L’option « Alerting Monde Internet avec blocage » est activée par défaut. Elle bloque l’internet à 60 € puis 120 € dans les autres zones, et « dès 0€ depuis les zones couvertes par un réseau satellitaire ». Sauf déblocage volontaire, les données ne coûtent rien à bord ; les appels ne sont pas concernés.
Bouygues Telecom et B&You. Hors de la France métropolitaine, de l’Europe et des DOM, un blocage intervient à 60 € de consommations cumulées, avec un SMS à 80 % et un autre au blocage. Il se relève par paliers de 60 €, jusqu’à 300 €. À 14 € le mégaoctet, 60 € représentent environ 4,3 Mo.
Free Mobile. La brochure fixe des seuils de 40 € pour l’internet et les MMS et de 100 € pour les appels et les SMS depuis l’étranger sur les forfaits Free 5G+ et Free Max, 40 € et 40 € sur le Forfait 2 €. Au-delà, l’abonné est « informé et invité à payer » ; le service ne « pourra être restreint » qu’en cas de non-paiement. Ce n’est pas une coupure automatique. Le service « Blocage consommation », inclus, bloque en revanche les communications payantes vers et depuis l’étranger.
Sosh. La brochure consultée ne décrit aucun blocage propre aux réseaux maritimes et aériens.
Le cas de Free montre qu’il faut lire le mécanisme, pas le chiffre : un seuil de 100 € sur les appels déclenche une demande de paiement une fois la somme dépensée. Et la brochure de Bouygues Telecom ne dit pas si son blocage arrête aussi les appels. Dans le doute, considérez que seul l’internet est réellement plafonné.
Ces sommes apparaissent sur la facture mobile comme des communications hors forfait, au même titre que d’autres lignes inattendues. Une ligne au nom d’un service inconnu ne relève pas du réseau maritime mais d’un paiement sur facture, avec son propre circuit décrit dans la marche à suivre face à un abonnement Internet+ non souscrit.
Les réglages qui protègent, et ce que chacun laisse passer#
Le considérant 46 du règlement demande aux opérateurs de rappeler que vous pouvez renoncer « manuellement et instantanément » à l’itinérance, « soit en agissant sur les paramètres, soit en activant le mode avion ». Les deux ne bloquent pas la même chose.
Réglage
Internet du bord
Appels et SMS du bord
Ce que vous perdez
Mode avion, wifi rallumé
Bloqué
Bloqués
Tout appel et tout SMS, y compris les codes de confirmation
Itinérance des données désactivée
Bloqué
Toujours possibles et facturés
L’internet mobile hors de France
Sélection manuelle du réseau de votre opérateur ou d’un réseau terrestre
Bloqué dès que ce réseau disparaît
Bloqués dès que ce réseau disparaît
Le réseau à l’arrivée, tant que vous ne repassez pas en automatique
Blocage chez l’opérateur (SFR, RED, Bouygues Telecom, Free)
Selon l’opérateur
Seulement si le service le prévoit, comme le Blocage consommation de Free
Les communications payantes à l’étranger
La sélection manuelle est le réglage le moins connu. Dans les paramètres du réseau mobile, désactivez la sélection automatique et choisissez le réseau terrestre capté au port. Quand il disparaît au large, le téléphone affiche « aucun service » au lieu de chercher un autre réseau. Au débarquement, repassez en automatique : un téléphone qui reste bloqué sur un réseau absent ne capte plus rien, première vérification de la méthode pour une connexion perdue.
Sur un téléphone à deux lignes, carte SIM et eSIM, chaque ligne a ses propres réglages d’itinérance et de sélection du réseau. La ligne secondaire peut s’inscrire sur le réseau du bord pendant que vous avez réglé la principale ; le fonctionnement de l’eSIM et de la carte SIM explique pourquoi les deux profils se gèrent séparément.
Le mode avion a un coût qu’il faut anticiper : plus aucun SMS ne vous parvient. Un achat en ligne réglé depuis le bord, sur le wifi, peut demander un code envoyé par SMS au titre de l’authentification forte des paiements. Faites vos achats avant d’embarquer, ou prévoyez la validation dans l’application de la banque.
Ce qui consomme sans que vous touchiez au téléphone#
Un téléphone posé dans la cabine n’est pas inactif. Les brochures de SFR et de RED citent les mises à jour d’applications et les connexions automatiques comme sources de surcoût sur un réseau non terrestre.
Les sauvegardes automatiques de photos envoient chaque cliché dès qu’une connexion existe. Les restreindre au wifi pendant le voyage est simple, à condition de se souvenir que la synchronisation n’est pas une sauvegarde : la copie se fera plus tard, pas en mer. Les applications qui actualisent leur contenu en arrière-plan relèvent du même réglage, application par application, comme les permissions des applications.
À 15,84 € le mégaoctet, un gigaoctet de 1 024 Mo coûterait 16 220 € chez SFR, d’où l’importance du blocage. Chez Bouygues Telecom, les 60 € du seuil sont atteints en un peu plus de 4 Mo ; chez Free, 40 € correspondent à environ 4 Mo.
La messagerie vocale est un angle mort. Selectra range sa consultation parmi les services facturés au prix fort, et le BEREC invite les opérateurs à dire si la réception de messages vocaux est payante sur ces réseaux. Appeler sa messagerie depuis le bord, c’est passer un appel.
Le wifi vendu à bord, lui, a l’avantage d’afficher son prix avant l’achat. Ce réseau partagé par des centaines de passagers se traite comme un wifi public, avec les précautions décrites dans ce que fait vraiment un VPN.
La facture est arrivée : vérifier, puis contester dans l’année#
Ouvrez le détail des communications dans l’espace client et rapprochez l’heure de chaque ligne des horaires de la traversée. Une communication facturée en zone satellitaire alors que le navire était à quai est une simple erreur de facturation.
Vérifiez ensuite les deux obligations du règlement. Pour l’internet, le montant du mois de facturation dépasse-t-il 60 € TTC sans que vous ayez accepté de poursuivre ? L’article 14 impose alors l’arrêt immédiat de la fourniture et de la facturation des données. Pour les appels, avez-vous reçu le message gratuit de tarifs à la connexion ? Son absence n’efface pas la dette, mais appuie une demande fondée sur l’article 13, paragraphe 6, qui vise la connexion involontaire.
Écrivez plutôt que d’appeler : numéro de ligne, horaires du voyage, lignes contestées, articles 13 et 14 du règlement (UE) 2022/612, montant demandé. Un recommandé électronique en garde la preuve. Le délai est d’un an à compter du paiement, en vertu de l’article L34-2 du code des postes et des communications électroniques, dont le décompte ligne par ligne est détaillé dans le délai pour contester une facture de box ou de mobile.
Ne faites pas rejeter le prélèvement par la banque. Le remboursement d’un prélèvement porte sur toute la facture, abonnement compris, et l’opérateur peut réclamer le solde. Les règles bancaires sont présentées dans le remboursement d’un paiement contesté, et le litige avec l’opérateur suit son propre circuit.
Les tarifs relevés sont ceux des forfaits grand public en métropole, aux dates des brochures citées. Les cartes prépayées ont leurs propres prix, 10,24 € le mégaoctet pour celle de Bouygues Telecom. Les offres professionnelles et les forfaits d’Orange n’ont pas été examinés. Vérifiez la brochure en vigueur avant le départ.
Le règlement expire le 30 juin 2032. Il ne régit ni le prix du wifi vendu à bord, ni l’usage du téléphone en avion, soumis aux consignes de la compagnie. Et rien n’oblige un opérateur à proposer une renonciation aux réseaux non terrestres : le texte la cite comme un simple exemple de mesure raisonnable.
Le critère à retenir : le nom du réseau, pas le nom du pays#
Sur l’eau ou en l’air, la question n’est pas de savoir dans quel pays vous êtes, mais sur quel réseau le téléphone est inscrit. Tant que s’affiche un opérateur terrestre de la zone européenne, votre forfait s’applique. Dès que s’affiche un réseau de bord, trois réponses suffisent.
L’internet est-il protégé ? Oui, à 60 € TTC par mois au plus sauf accord de votre part, et dès 0 € chez SFR et RED.
Les appels et les SMS ? Non : de 2,90 € à 7,92 € la minute émise, et l’appel reçu se paie aussi.
Que faire ? Mode avion dès le port quitté, wifi rallumé si besoin, réclamation écrite dans l’année si la facture dépasse ce que le règlement autorise.
La limite de 50 € n’est pas un plafond de facture. C’est un plafond de mégaoctets. Tout ce qui passe par la voix reste à votre charge, au tarif que votre opérateur a choisi.
Questions fréquentes
La coupure à 50 € s’applique-t-elle aux appels passés depuis un bateau ?
Non. L’article 14 du règlement (UE) 2022/612, qui impose la limite financière par défaut de 50 € hors taxes par mois, porte sur les « services de données en itinérance ». Pour les appels et les SMS sur un réseau non terrestre, l’article 13 n’impose qu’un message gratuit indiquant les prix, et demande à l’opérateur des « mesures raisonnables » contre la connexion involontaire. Certaines présentations grand public parlent d’interrompre « les services mobiles » : le texte du règlement, lui, limite la coupure aux données.
Le mode avion suffit-il, ou faut-il aussi couper les données à l’étranger ?
Le mode avion suffit, et il est le seul réglage qui bloque à la fois les données, les appels et les SMS. Couper l’option « itinérance des données » n’arrête que l’internet : le téléphone reste inscrit sur le réseau du navire et peut recevoir un appel facturé à la minute. Après le mode avion, vous pouvez rallumer le wifi seul pour utiliser le wifi du bord, dont le prix est annoncé avant l’achat. En contrepartie, plus aucun SMS ni appel ne vous parvient pendant la traversée.
Comment savoir que mon téléphone est passé sur le réseau du navire ?
Le nom de l’opérateur affiché change. Selectra cite l’exemple d’un nom comme « Cellular at Sea » à la place de votre opérateur habituel. Le règlement prévoit aussi qu’un message gratuit vous indique les prix applicables lorsque vous vous connectez à un réseau non terrestre, et le BEREC demande que ce message soit envoyé à chaque connexion. Si vous recevez un SMS de tarifs alors que vous êtes en pleine mer, considérez que la bascule a eu lieu.
J’ai reçu une facture de plusieurs centaines d’euros : puis-je la contester ?
Oui, par écrit et dans l’année qui suit le paiement, délai fixé par l’article L34-2 du code des postes et des communications électroniques. Vérifiez deux points : l’internet facturé dépasse-t-il 60 € TTC sur le mois sans que vous ayez accepté de poursuivre, et avez-vous reçu le message gratuit de tarifs à la connexion ? Écrivez au service client, puis au service recours consommateurs, puis au Médiateur des communications électroniques, comme l’explique le délai pour contester une facture de mobile.
Mon forfait inclut l’Europe : suis-je couvert sur un ferry entre deux pays de l’Union ?
Seulement tant que le téléphone capte un réseau terrestre, celui d’un port ou d’une côte. Dès qu’il bascule sur le réseau du navire, relayé par satellite, la règle de l’itinérance au prix du forfait cesse de s’appliquer, même si le bateau navigue entre deux ports européens. La traversée entière peut donc se passer hors forfait. Le volume de données utilisable en Europe, lui, se calcule avec la formule de l’enveloppe européenne.
Commission européenne, Représentation en FranceNouvelles règles en matière d’itinérance pour les voyageurs dans l’UE (30 juin 2022)Présentation grand public : frais « très élevés » sur les réseaux non terrestres, interruption automatique à 50 € « ou une autre limite prédéfinie », faculté de ne pas utiliser l’itinérance à bord des avions et bateaux.
SFROffres mobile, tarifs valables au 1er octobre 2026Zone « Satellites » : 7,92 €/min émis, 3,96 €/min reçu, 0,66 € le SMS, 15,84 €/Mo par tranches de 10 Ko ; option Alerting Monde Internet avec blocage, active par défaut, « dès 0€ » sur les réseaux satellitaires ; mise en garde sur les réseaux non terrestres (bateau, avion).
Bouygues TelecomLes tarifs, à partir du 22 juin 2026 (forfaits Bouygues Telecom et B&You)Ligne « Réseaux satellitaires et maritimes » : 2,90 €/min émis et 1,40 €/min reçu (3,90 € et 1,95 € pour B&You), 0,30 € le SMS, 14 €/Mo ; blocage à 60 € de consommations cumulées hors France, Europe et DOM, relevable par paliers de 60 € jusqu’à 300 €, SMS à 80 %.
Médiateur des communications électroniquesSaisir le MédiateurService client puis service recours consommateurs, un mois à chaque étape, saisine directe après deux mois sans réponse, au plus tard un an après la réclamation écrite ; recevabilité sous 8 jours, avis sous 90 jours, gratuit.
Les liens ci-dessus renvoient vers les textes et les organismes cités. Les dates de consultation sont celles de la dernière relecture, le 27 octobre 2026.
En 2026, le minimum légal vaut deux fois le prix hors taxes du forfait divisé par 1,10 €, soit environ 1,5 Go par euro payé. Le calcul, les forfaits concernés, les pays couverts et la vraie règle des quatre mois.
Un service à 3 € par semaine apparaît sur la facture de mobile ou de box. Où le bloquer chez chaque opérateur, à qui réclamer, dans quel ordre, et ce que change la charte Internet+ applicable au 30 octobre 2026.
Une eSIM n’est pas une carte SIM dématérialisée : c’est une puce soudée qui télécharge des profils. Cette nuance décide de tout quand vous changez de téléphone, partez à l’étranger ou vous faites voler l’appareil.