La sécurité numérique souffre d’un travers particulier : les conseils y circulent sans leur raison d’être, si bien qu’ils survivent longtemps après être devenus faux. Changer de mot de passe tous les trois mois, ajouter un caractère spécial, installer trois antivirus : autant de règles qui ont eu une justification, l’ont perdue, et continuent d’occuper le terrain. Cette rubrique donne le mécanisme d’abord, la consigne ensuite.
Le fil conducteur est simple : à chaque attaque correspond une défense, et une seule. Le bourrage d’identifiants se coupe avec un mot de passe unique par site, pas avec un mot de passe plus long. Le cassage hors ligne d’une base volée se contre par la longueur et le hasard. L’hameçonnage ne se règle ni par l’un ni par l’autre, mais par le réflexe de ne jamais saisir un identifiant sur une page atteinte depuis un message reçu. Confondre ces trois scénarios, c’est se protéger contre le mauvais risque.
Les mots de passe et la connexion forment le socle, avec le passage progressif aux clés d’accès. Les arnaques décrivent les scénarios qui circulent réellement en France, du faux SMS de livraison au faux conseiller bancaire, et ce qu’il faut faire dans l’heure quand on a cliqué. Les logiciels malveillants traitent l’infection et le nettoyage, les fuites de données ce qu’il faut faire quand le mal est déjà fait ailleurs.
Deux thèmes élargissent le cadre : la vie privée en ligne, qui relève moins de l’attaque que de la collecte ordinaire, et les TPE, PME et associations, où les mêmes menaces se présentent sans service informatique pour y répondre. Les autorités françaises citées tout au long de la rubrique, ANSSI, CNIL et Cybermalveillance.gouv.fr, publient leurs recommandations en accès libre, et chaque article indique où les retrouver.