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Box et wifi à la maison

Remplacer sa box par son propre routeur : est-ce un droit en France ?

Le droit européen vous laisse choisir votre équipement, mais il ne dit pas où s’arrête le réseau de l’opérateur. L’Allemagne et la Belgique l’ont fixé, la France non. Ce qui reste possible chez Free, SFR, Orange et Bouygues Telecom, et ce que vous perdez.

En bref

Pas pleinement. Le règlement (UE) 2015/2120 donne le droit d’utiliser l’équipement terminal de votre choix. Mais la box n’est un équipement terminal que si le réseau de l’opérateur s’arrête avant elle, au « point de terminaison du réseau ». Les lignes directrices du BEREC BoR (20) 46 laissent chaque régulateur national fixer ce point. L’Allemagne l’a fait par une loi en vigueur depuis le 1er août 2016, la Belgique par une décision du 26 septembre 2023. En France, aucune décision n’a été trouvée. En pratique, vous pouvez ajouter votre routeur derrière la box partout, mais parmi les quatre grands opérateurs, seul Free documente un mode bridge.

Sommaire

Pas pleinement, et la raison tient en un point technique que la France n’a jamais fixé. Le règlement européen sur l’internet ouvert vous donne le droit d’utiliser l’équipement terminal de votre choix. Mais la box n’est un équipement terminal que si le réseau de l’opérateur s’arrête avant elle. Ce point d’arrêt, chaque régulateur national le fixe. L’Allemagne a libéré le modem et le routeur par une loi en 2016. La Belgique a placé ce point à la prise en 2023. En France, aucune décision n’a été trouvée. Vous pouvez donc toujours ajouter votre routeur derrière la box. La retirer complètement dépend de votre opérateur.

La question se pose souvent après un achat. Un routeur wifi récent attend dans son carton, plus puissant que la box, et le service client répond que le matériel « fait partie de l’offre ».

Deux réponses circulent. Sur les forums, on lit que le droit européen garantit le libre choix du routeur, et que l’opérateur ne peut rien imposer. Chez les opérateurs, on entend que la box appartient au réseau, comme le câble dans la rue. Les deux s’appuient sur un texte réel. Ce qui les départage, c’est la place d’une frontière que personne n’a tracée en France.

Le point de terminaison du réseau : la frontière qui décide de tout

Une connexion fibre traverse plusieurs appareils avant d’atteindre votre ordinateur. Il y a d’abord la prise murale. Puis le boîtier fibre, appelé ONT (pour « optical network termination »), qui transforme la lumière en signal électrique : c’est le modem de la fibre. Puis la box, qui joue le rôle de routeur, c’est-à-dire qu’elle distribue la connexion à vos appareils. Sur beaucoup d’offres, le boîtier fibre est intégré à la box. Les rôles empilés dans une box sont détaillés dans ce que redémarrer la box remet à zéro.

Le point de terminaison du réseau, souvent abrégé NTP (pour « network termination point »), est l’endroit où s’arrête le réseau de l’opérateur. Le code européen des communications électroniques le définit comme le point physique où l’abonné reçoit l’accès au réseau public. En deçà, tout appartient au réseau et l’opérateur décide. Au-delà, tout est votre équipement terminal, et vous choisissez.

Le BEREC, l’organe qui réunit les régulateurs européens des télécoms dont l’Arcep, décrit trois emplacements possibles dans ses lignes directrices du 5 mars 2020, référencées BoR (20) 46.

Chaîne d’une connexion fibre de la prise murale aux appareils, avec trois frontières possibles : A après la prise, B après le boîtier fibre, C après la box.
Au point A, le modem et le routeur sont à vous. Au point B, l’opérateur garde le modem et vous choisissez le routeur. Au point C, l’opérateur garde la box entière. La Belgique a retenu la prise, et l’Allemagne a libéré modem et routeur. En France, faute de décision, la frontière est de fait après la box. Points A, B et C d’après le BEREC, BoR (20) 46, point 58.
  • Point A : la prise où se termine la ligne, sans aucun équipement actif entre la ligne et ce point. Modem et routeur sont alors à vous.
  • Point B : la sortie d’un modem qui ne fait que la terminaison du réseau, sans routage ni wifi. L’opérateur garde le modem, vous choisissez le routeur.
  • Point C : la sortie de la box complète, qui route et fait le wifi. L’opérateur garde tout.

Le BEREC le dit en une phrase au point 8 : selon l’emplacement retenu, le modem et le routeur font partie du réseau public ou de l’équipement de l’abonné. Toute la question du droit à son propre routeur se ramène donc à une seule autre : où est le point de terminaison chez vous ?

Ce que dit le droit européen, et ce qu’il laisse aux États

Le droit vient de l’article 3, paragraphe 1, du règlement (UE) 2015/2120. Il reconnaît aux utilisateurs le droit d’accéder aux contenus et services de leur choix, et d’utiliser les équipements terminaux de leur choix, via leur service d’accès à internet. Le BEREC en tire la conséquence au point 27 : pour un accès à internet, l’abonné a le droit légal d’utiliser l’équipement terminal de son choix.

Le BEREC reprend aussi ses lignes directrices de 2016 sur la neutralité du net. Le régulateur doit vérifier si l’opérateur fournit un équipement « obligatoire » que l’abonné ne peut pas remplacer. Il doit ensuite chercher s’il existe une « nécessité technologique objective » pour que cet équipement fasse partie du réseau. S’il n’y en a pas, et que le choix est limité, la pratique est contraire au règlement.

Le texte est favorable à l’abonné, mais il ne s’applique pas tout seul : c’est le régulateur national qui fixe le point. Les lignes directrices s’adressent aux autorités nationales, qui doivent en tenir « le plus grand compte » (point 1). Elles peuvent même accorder une période de transition quand leur choix diffère de ce que les réseaux font déjà (point 2).

Le BEREC liste six critères pour cet examen. Parmi eux : l’interopérabilité entre le réseau et l’équipement, la sécurité et la protection des données. Si aucun ne rend un équipement indispensable au réseau, le point de terminaison se trouve au point A (point 59).

La FSFE, une association européenne de défense du logiciel libre, conteste cette marge. Le 18 février 2026, elle écrit que le BEREC a fait du libre choix du routeur la règle, mais en permettant des exclusions nationales. Elle demande que le futur règlement dit Digital Networks Act place le point de terminaison à la prise passive, partout dans l’Union.

Allemagne, Belgique, France : trois réponses à la même question

Le tableau reprend les décisions et les positions relevées dans les sources citées. Il donne la règle de chaque pays, pas celle de chaque opérateur.

PaysTexteOù s’arrête le réseauCe qui reste imposé
AllemagneLoi votée le 5 novembre 2015, en vigueur le 1er août 2016 (chronologie FSFE)Avant le modem : tout nouveau client peut utiliser un modem et un routeur de son choixNon détaillé dans les sources consultées
BelgiqueDécision de l’IBPT du 26 septembre 2023, recours d’Orange Belgium rejeté le 22 mai 2024Prise murale (cuivre et fibre), répartiteur (câble coaxial)Décodeur TV ; téléphonie classique et offres à qualité renforcée, surtout professionnelles
FranceAucune décision trouvéeNon fixé ; en pratique, après la box fournieLa box, sauf ce que chaque opérateur permet

En Allemagne, une loi a mis fin au routeur obligatoire. Selon la chronologie de la FSFE, le Bundestag l’a votée le 5 novembre 2015. Elle s’applique depuis le 1er août 2016 : tous les fournisseurs d’accès doivent permettre aux nouveaux clients d’utiliser un autre modem et un autre routeur.

En Belgique, l’IBPT, le régulateur des télécoms, a tranché par une décision du 26 septembre 2023, annoncée le 11 octobre. Il considère modems et routeurs comme des équipements terminaux, « ce qui permet de les choisir librement pour le haut débit et la téléphonie par Internet ». Sur le cuivre et la fibre, le point de terminaison est la prise murale. Sur le câble coaxial, c’est le répartiteur noir où se branche le modem.

La décision a ses limites. Le décodeur TV en est exclu, l’IBPT ne s’attendant pas à des décodeurs alternatifs faute de demande. La téléphonie classique et les services à qualité renforcée, surtout professionnels, le sont aussi. Les opérateurs avaient six mois pour publier leurs spécifications techniques. Les abonnés peuvent brancher leur propre équipement depuis le 1er novembre 2024. Orange Belgium a contesté la décision ; la Cour des marchés a rejeté son recours le 22 mai 2024.

Selon la FSFE, d’autres pays ont suivi la même voie : la Finlande dès 2014, les Pays-Bas en 2021, ainsi que l’Italie et la Grèce. L’IBPT évoquait en 2023 « une dizaine de pays » dans ce cas.

En France, une question que personne n’a tranchée

L’Arcep a pourtant travaillé sur les terminaux. Elle a lancé un cycle de réflexion en 2017 et publié en février 2018 un rapport intitulé « Terminaux, maillon faible de l’ouverture d’internet ». Mais son dossier, mis à jour le 13 juillet 2023, vise les smartphones, les tablettes, les assistants vocaux, les systèmes d’exploitation et les magasins d’applications. La box n’y apparaît pas. Aucune décision de l’Arcep fixant le point de terminaison des réseaux fixes n’a été trouvée.

Sans décision, la frontière se trouve là où l’opérateur la place. En septembre 2021, Alloforfait le résumait ainsi. « En France, le choix est encore très peu souvent laissé à l’utilisateur à qui l’on fournit bien souvent de force une box avec son abonnement. » Le prix de la box est compris dans l’abonnement, que vous vous en serviez ou non.

La position des opérateurs se lit dans leurs réponses au BEREC. En novembre 2019, Bouygues Telecom a répondu à la consultation sur le projet de lignes directrices. Il y juge que le choix de l’équipement « n’est pas une valeur en soi ». Selon lui, ce choix peut nuire à la qualité de service, à la sécurité et à l’innovation. Il demande au BEREC de ne pas faire du point A la règle par défaut, à charge pour le régulateur de prouver une nécessité technique.

Sa réponse liste les risques qu’il voit dans un routeur choisi par l’abonné. Un équipement mal sécurisé ou jamais mis à jour. Des services, comme la télévision ou la téléphonie sur internet, construits sur des réglages propres à chaque opérateur. Un boîtier fibre non référencé, ou défaillant, qui peut couper tout l’arbre de fibre partagé avec les voisins. Des coûts d’assistance accrus, et une question ouverte : qui répond du service après-vente ?

Ces arguments recoupent les critères du BEREC, que le régulateur doit peser un par un. Tant que l’Arcep ne l’a pas fait, aucun texte ne dit si la box est indispensable au réseau français.

Ce qui reste possible chez chaque opérateur

Faute de règle, la marge de manœuvre dépend de l’opérateur. Il existe deux montages. Le premier branche votre routeur derrière la box : il marche partout. Le second retire la box, ou la réduit au rôle de modem, et votre routeur prend la connexion directement. Free documente ce second montage dans son aide. Aucune page équivalente n’a été trouvée chez les trois autres, où il repose sur des réglages découverts et publiés par des abonnés, que l’opérateur ne soutient pas.

OpérateurMontage proposé par l’opérateurMontage sans la box, selon les guides d’abonnésCe qui se perd
FreeMode bridge : la Freebox ne fait plus que le modemPas nécessaire, le mode bridge est officielWifi, UPnP, seedbox, lecteurs TV sur le réseau local, multi-TV de la TNT
Orange et SoshAucun mode bridge trouvéRouteur sur le boîtier fibre, VLAN 832, option DHCP 90 calculée depuis vos identifiants, priorité 6Téléphonie non décrite dans le guide ; télévision sur d’autres VLAN, à configurer
SFRAucun trouvéRouteur sur le boîtier fibre séparé, option DHCP 60 imitant la boxLigne fixe et décodeur TV, selon le guide
Bouygues TelecomAucun trouvéRouteur sur le VLAN 100, requête DHCP simple, adresse MAC de la Bbox au besoinTéléphonie, non disponible selon le guide ; télévision possible avec réglages

Le VLAN, qui revient dans trois lignes, est une étiquette numérotée que l’opérateur colle sur le trafic pour séparer internet, la télévision et le téléphone sur un même fil. L’option DHCP est un champ ajouté à la demande d’adresse que le routeur envoie au réseau. Elle permet à l’opérateur de reconnaître la box, ou de vérifier l’abonné. L’adresse publique ainsi attribuée, par bail, est décrite dans ce que révèle une adresse IP.

Free : un mode bridge documenté

Free décrit la manœuvre dans son aide : « En mode Bridge, votre Freebox redirige l’intégralité de votre connexion internet vers un seul appareil. » Le parcours passe par Freebox OS : Paramètres, mode avancé, Mode réseau, puis Bridge. Sur la Freebox Crystal, il passe par l’espace abonné : Ma Freebox, Paramétrer mon routeur, statut du routeur sur « inactif ».

La Freebox reste branchée et fait office de modem. C’est un point B accordé par l’opérateur. La page liste ce qui cesse de fonctionner. D’abord le wifi de la Freebox, l’UPnP, le proxy WOL et la fonction seedbox. Ensuite les lecteurs TV sur le réseau local (sauf FreeStore et navigateur) et le multi-TV de la TNT. La téléphonie n’y figure pas.

Orange et Sosh : le guide le plus suivi, et le plus exigeant

Aucun mode bridge n’a été trouvé chez Orange. Selon le guide de lafibre.info, même la Livebox 6 ne donnait toujours, en avril 2022, qu’une adresse interne sur son port rapide. Ce guide communautaire, consulté plusieurs millions de fois, décrit comment brancher la fibre sur son propre routeur.

Les réglages sont précis. Internet passe sur le VLAN 832, la vidéo à la demande sur le 838 et la télévision en direct sur le 840. La demande d’adresse doit porter une option DHCP 90 de 140 caractères, calculée à partir de l’identifiant de connexion (qui commence par « fti/ ») et du mot de passe. Elle doit aussi être marquée d’une priorité 6, faute de quoi Orange ne répond pas.

Le guide signale un durcissement. Depuis novembre 2022, une option 90 approximative expose à un refus d’adresse, voire à la déconnexion. Le guide réserve un port à la Livebox et un au décodeur, mais ne décrit pas la téléphonie. Le guide va jusqu’à remplacer le boîtier fibre par un module glissé dans le routeur. C’est le montage visé par les critiques de Bouygues Telecom sur les boîtiers non référencés.

SFR : imiter la box par l’option 60

Chez SFR, quand la fibre arrive dans un boîtier séparé de la box, le routeur peut s’y brancher directement. Selon un guide publié sur NAS-Forum le 11 juillet 2021, il faut renseigner l’identifiant de classe DHCP, l’option 60, avec une chaîne qui commence par « neufbox_ ». Le réseau y reconnaît une box SFR. Le même guide prévient : « On perd la ligne téléphonique fixe et le décodeur TV. »

Bouygues Telecom : le VLAN 100, sans téléphone

Sur la fibre de Bouygues Telecom, tout le trafic de l’abonné passe sur le VLAN 100 depuis la fin 2018, selon le fil technique ouvert sur lafibre.info le 21 février 2019. Une simple requête DHCP sur ce VLAN suffit à obtenir une adresse publique. « Contrairement à Orange », Bouygues ne refuse pas les requêtes sans priorité 6. Si la Bbox n’a pas libéré proprement son bail, il faut copier son adresse MAC, l’identifiant matériel de sa prise réseau, ou attendre au plus une heure.

La télévision fonctionne avec un relais du flux de diffusion, à régler dans le routeur. La téléphonie, elle, reste hors d’atteinte : « Pas de téléphonie possible à ce jour », écrit le guide. Les identifiants ne sont pas fournis, et Bouygues peut changer le mot de passe à distance.

Un foyer, trois montages, pas à pas

Le cas suivant ne décrit aucun essai : il applique les sources citées à une situation type.

Si le but est seulement de mieux couvrir le logement, un routeur derrière la box suffit souvent. Les causes d’un wifi faible, et l’ordre dans lequel les tester, sont détaillés dans le diagnostic d’un wifi lent. Le choix des bandes compte aussi, comme le montre la comparaison des bandes 2,4, 5 et 6 GHz.

Ce que vous perdez en retirant la box

La première perte est le téléphone fixe. Chez SFR et Bouygues Telecom, les guides consultés le disent perdu. Chez Orange, le guide ne le traite pas. Si le numéro compte, gardez la box pour lui, ou transférez-le avant de changer quoi que ce soit, selon les règles de la portabilité du numéro.

La deuxième est la télévision. Même la Belgique, qui libère le modem, laisse le décodeur à l’opérateur. Sans la box, la télévision demande des réglages que les guides décrivent, mais que l’opérateur ne soutient pas.

La troisième est l’assistance. Le BEREC prévoit lui-même ce litige au point 60 : quand le service fonctionne mal, l’abonné et l’opérateur peuvent se disputer sur la conformité de l’équipement. En pratique, avant d’appeler pour une panne, rebranchez la box d’origine. Si la panne persiste avec elle, votre routeur est hors de cause, et la méthode en six tests la localise. Une panne prouvée avec la box d’origine reste la meilleure base pour réclamer une indemnisation.

La quatrième est financière. La box reste louée, comprise dans le prix, et devra revenir complète à la résiliation. Rangez-la avec ses accessoires.

Ce que cette réponse ne couvre pas

Cette page vise les accès fixes grand public, surtout en fibre. Les accès par box 4G ou 5G relèvent d’une section distincte des lignes directrices du BEREC. Les offres professionnelles, où des services à qualité garantie sont en jeu, ne sont pas traitées. Les conditions générales de chaque opérateur n’ont pas été relues sur ce point : vérifiez si la vôtre mentionne l’équipement fourni.

Les réglages cités viennent de guides d’abonnés datés, pas des opérateurs, à l’exception du mode bridge de Free. Ils peuvent changer sans préavis, comme l’option 90 d’Orange en 2022. Les modèles de box ne sont pas tous couverts : le guide SFR suppose un boîtier fibre séparé, par exemple. Aucune décision de l’Arcep n’a été trouvée au 5 novembre 2026. Le Digital Networks Act, encore en discussion, peut aussi déplacer la règle pour toute l’Union.

Le critère à retenir : où s’arrête le réseau, et ce que vous gardez

En France, posez deux questions. D’abord, votre opérateur propose-t-il un montage officiel ? Chez Free, oui : le mode bridge fait de la box un simple modem. Ailleurs, non : branchez votre routeur derrière la box, sans rien demander à personne.

Ensuite, que perdez-vous à retirer la box ? Si vous gardez un téléphone fixe ou la télévision de l’opérateur, la réponse est presque toujours trop. Si vous n’utilisez qu’internet, les guides d’abonnés ouvrent la voie, à vos risques et sans assistance. Le droit européen vous donne le principe. Tant que l’Arcep n’a pas fixé la frontière, c’est votre opérateur qui la trace.

Questions fréquentes

Mon opérateur peut-il m’interdire de brancher mon routeur derrière sa box ?

Aucun des documents consultés ne le prétend. Quel que soit le point de terminaison retenu, A, B ou C, un routeur branché derrière la box se trouve du côté de l’abonné : c’est un équipement terminal au sens des lignes directrices du BEREC. Le droit posé par l’article 3 du règlement (UE) 2015/2120 couvre donc au minimum ce cas. La question discutée en Europe est autre : pouvoir retirer la box elle-même.

Le mode bridge de la Freebox coupe-t-il le téléphone fixe ?

La page d’aide de Free ne range pas la téléphonie parmi les fonctions désactivées. Elle cite le wifi, l’UPnP, la fonction seedbox, le proxy WOL, les lecteurs TV sur le réseau local (hors FreeStore et navigateur), le multi-TV de la TNT et des services de partage pour macOS et Windows. Le téléphone reste branché sur le serveur Freebox, qui reste en place comme modem.

Faut-il quand même rendre la box si je ne m’en sers pas ?

Oui. La box reste louée ou mise à disposition, même débranchée dans un placard, et son prix est compris dans l’abonnement. À la résiliation, elle repart chez l’opérateur avec ses accessoires, dans les délais et sous les pénalités détaillés dans le guide de la box à rendre après résiliation. Gardez-la complète et en bon état.

Où en est le Digital Networks Act sur le choix du routeur ?

Le Digital Networks Act est un projet de règlement européen qui doit réformer le droit des télécoms. Le 18 février 2026, la FSFE, une association de défense du logiciel libre, a demandé que le texte fixe le point de terminaison à la prise passive, partout dans l’Union. Elle vise des amendements au considérant 14 et aux articles 69 et 125 du texte proposé. Rien n’est adopté à ce stade.

Le choix du routeur vaut-il aussi pour un smartphone ou une box 4G ?

Le smartphone est un équipement terminal, sans débat. Le BEREC juge même que restreindre le partage de connexion limite probablement le libre choix de l’équipement, comme l’explique la page sur le bridage des forfaits illimités. Les accès fixes fournis par un réseau mobile, comme les box 4G ou 5G, ont leur propre section dans les lignes directrices du BEREC. Cette page ne les traite pas.

Sources et pour aller plus loin

Les liens ci-dessus renvoient vers les textes et les organismes cités. Les dates de consultation sont celles de la dernière relecture, le 5 novembre 2026.